Nous assistons dans notre département aux débats qui ont lieu autour de ce que chacun nomme désormais le patrimoine et la culture landaise. Débats, initiatives, qui témoignent de l'envie et de la nécessité de défendre et de se réapproprier le territoire. Défense de la ruralité, de l'agriculture de proximité, des chasses traditionnelles…

 

Mais où est passée la langue ???

 

Nous affirmons clairement que s'il existe une identité landaise, si les mots patrimoine et culture ont un sens, alors la langue parlée de tostemps a jamei dans les Landes est au cœur de toutes les revendications et initiatives pour la défense ou la transmission d'une culture. Elle est le lien, le dénominateur commun à toutes les pratiques revendiquées comme patrimoine, l'essence de ce qui participe à la réappropriation et à la valorisation d'une culture régionale. Pour mémoire le plus grand écrivain landais, Bernard Manciet, est un écrivain en langue occitane.

 

Occitan, gascon, patois… Que chacun emploie son mot n'empêche pas la vérité pour la langue parlée dans les Landes de demeurer, une et indivisible. En perpétuelle évolution comme toutes les langues, elle se soucie peu du mot qu'on emploie pour la qualifier. Il existe aujourd'hui les moyens, à portée de tous, d'apprendre, d'écrire, de transmettre, de parler la langue gasconne des landes dans ses parlers les plus locaux et les plus particuliers. Classes, écoles, cours, dictionnaires gascons, dictionnaires des parlers des Landes, grammaires, et jusqu'à un atlas linguistique où sont cartographiées en plus de 30 endroits les manières locales de dire et de prononcer tous les mots du langage courant.

Ces différences d'expressions, de mots ou d'accents ne furent d'ailleurs jamais source d'incompréhension entre les locuteurs natifs de notre territoire.

 

La graphie officielle utilisée pour s'exprimer à l'écrit, adoptée par la France, l'Union Européenne et la majeure partie des locuteurs gascons est le fruit du travail acharné de linguistes, d'intellectuels, d'écrivains, de locuteurs et d'amoureux de la langue pour qu'elle puisse être lue et transmise par écrit. Son principal défaut étant de n'être pas connue du grand public, il appartient à tous, collectivités, responsables associatifs, d'entreprendre de la rendre publique, visible afin que ses codes soient apprivoisés par tous et que chacun puisse l'utiliser sans risque d'être mal compris.

 

Nous entendons par cet appel établir la langue occitane de Gascogne dans ses droits et ses devoirs au sein du patrimoine vivant de la culture landaise et aquitaine.

 

Nous appelons chacun et chacune à l'utiliser au quotidien, par tous les moyens à sa convenance, afin que sa présence témoigne de l'attachement de tous au patrimoine culturel landais et constitue des piliers pour sa sauvegarde et sa transmission.

Nous affirmons que la transmission de cette langue est une mission d'intérêt général comme le soutient l’Union Européenne qui considère la diversité linguistique comme un enrichissement de l’identité nationale.

 

Nous demandons instamment aux élus et représentants de tous niveaux et de tous bords d'accueillir les défenseurs de cette langue à ce titre, et d'œuvrer avec eux à sa valorisation et à sa transmission, à sa socialisation par tout moyen, notamment le soutien à la création, dans la perspective d'une véritable politique linguistique de territoire au service de tous.